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Les mers intérieures

Aglaé Bory

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Les mers intérieures             

« Photographier la mer, c’est photographier le tout »

 Marguerite Duras  

Ces photographies ont été réalisées aux bords de mers intérieures, la mer Marmara et la mer Noire.
Les images sont prises à l’heure où le jour s’efface pour faire place à la nuit.
Entre chien et loup.
La mer devient le décor de portraits en suspension.
Des hommes regardent la mer, nous les voyons regarder sans voir ce qu’ils observent.
Ce sont des photographies qui font état d’un processus de passage, où les corps quittent l’activité de la vie diurne, s’immobilisent.
L’horizon est comme un miroir de l’intériorité de chacun.
Le paysage enveloppe les hommes et les femmes de sa vibrance, leurs regards le teintent de leurs vies intérieures.
Le temps humain et le temps physique s’y confrontent.
« La mer demeurera, elle est ce qui perdure, ce qui nous survit. Sur le rivage, nous ressentons le défi incroyable que l’éternité lance à nos existences à travers le mouvement perpétuel de la mer ».*
Les photographies seront prises dans différents pays, aux contextes historiques et politiques différents, mais le décor est la mer. Ou plus précisément, l’endroit où nous sommes face à la mer, cette immense étendue qui nous autorise à penser, à retrouver en nous la plus essentielle solitude. Ce qui nous permet aussi d’accéder à une liberté intime et inaltérable.
La mer est à la fois génératrice de vie et de liberté, force originelle, éternelle et maternelle et elle est aussi miroir du désespoir, de la condition et de la finitude humaine.
Le mer est également l’appel de l’ailleurs, la promesse d’horizons nouveaux, l’espoir de vies meilleures.
Ces mers intérieures sont situées entre l’Europe et l’Asie, entre l’orient et l’occident, où l’histoire des hommes est dense. Les paysages humains sont hors champ, mais leur présence sourde est tangible.
Ces photographies ont pour ambition de créer des passerelles entre l’image et le symbole, entre le symbole et la réalité, entre le champ et le hors champ, entre les nations et l’universel.

Dans le secret des bains    
Au centre de la pièce, sont accrochées des photographies qui posent un regard sur un lieu habituellement caché des regards. Le hammam, ce lieu du corps, de l’intime, de l’ablution.
Un hammam de femmes, où la nudité peut s’exprimer à l’abri du monde, où la lumière et le geste se rencontrent et expriment dans une grande simplicité la réalité des corps et des existences.
J’ai voulu photographier ces corps dans leur dénuement, débarrassés de leurs tissus et de leurs apparats.
J’ai voulu photographier le mystère et le secret. Photographier l’invisible.
L’immensité de la mer et l’intimité de ce lieu se répondent. Les mers intérieures sont tour à tour paysages géographiques et paysages intimes. L’eau en devient l’élément conducteur des émotions.
Aglaé Bory

* Stig Dagerman « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier » 1952.

Ecritures autour de l’exposition

par  Chantal Braley-Pons et Véronique Méraud

lors du décrochage

dimanche 30 octobre 2016 à 18h

 

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dp-photofolies2016-8ici le Dossier de presse des PHOTOFolies 2016