Accueil » expositions » RESGATE DA DIGNIDADE – installation d’Alain Lambert et Zefrino Chilaule

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« Resgate da dignidade »

La sauvegarde de la dignité

Alain Lambert et Zefrino Chilaule

L’installation est une création commune, née de la rencontre des deux sculpteurs, lors d’une des résidences d’artiste de Zefrino à  La Menuiserie, à Rodez, en Aveyron.

Zefrino le faiseur de visages, voit alors dans  les porte-peines d’Alain,   la matière dense du « Big Monkey », du grand singe. L’été 2013, un pacte est scellé entre eux. Ils se donnent deux ans. La Menuiserie sera l’espace commun de cette création.

Chacun, dans son atelier, envisage la dignité, l’un à Maputo, l’autre à Marcillac le Vallon.

Les deux établissent  un dialogue sans concession. Alain parle de pillage, Zefrino de nature, de vie en péril. Le titre est  une évidence  pour lui : « Resgate da dignidade » ; Alain  le traduirait, « La sauvegarde de la dignité ». De quelle dignité s’agit il ? De celle du singe ? De la nôtre ? Alain et Zefrino nous questionnent. Étranges et fascinants, dérangeants peut être, nos « cousins » nous interpellent.

Le Big Monkey, dense, immobile, muet,  émerge des caisses de transport, maritime peut être,  estampillées de leur ancien contenu.  Voyageur sans corps ? Trophée ? Marchandise ?

Il nous voit, il n’est pas seul.

Les autres singes  sont libres, Zefrino leur a donné un corps. Menacés, réduits parfois à la mendicité, ils dansent, interpellent  le Grand Singe et l’encouragent à sortir de son mutisme, de son immobilité. Présence animale aux visages de métal, présence vivante, presque joyeuse dans leur peau de chèvre… celle de « peau d’âne » ?

Un prélude dense et profond de « Visages », manifestation  initiée par  La Menuiserie qui se déclinera tout le mois de septembre.

 

 


 

IMG_0006ZEFRINO CHILAULE (né en 1968 au Mozambique)

Zefrino Chilaule artiste d’un quartier populaire de Maputo, au Mozambique, sculpteur du bois de santal et de la  pierre, a su voir dans  les couvercles en alu noircis et cabossés  d’une vie de foyer,  la matière figurative de ce qui habite chaque visage;

Zeferino Thomas Chicuamba, alias Zefrino Chilaule, homme aux visages et langues multiples.

1982,  il entre comme apprenti dans l’atelier du maître sculpteur  Naftal Langa. Décidé à avoir ses propres outils, il part avec d’autres en RDA et se forme comme ouvrier  qualifié. A Schwenrin il collabore avec l’artiste mozambicain Dito et plusieurs artistes allemands. Leurs liens perdurent. Depuis 2003 ils réalisent un  « workshop », alternativement au Mozambique et en  Allemagne ( Maputo, Bremem, Frankfurt,  Leipzig, Dortmund etc.).

Chez lui, dans son atelier du quartier de l’Aeroporto B et ou dans celui situé  la grande ferraille  Vulcano, à Maputo, Zefrino travail le bois, le métal, la pierre et les matériaux  rebut  laissés par l’homme – l’os, la corne.  Il mène   une perpétuelle recherche, célébrant la vie renaissant de la mort. Le rebut reprend vie comme, ici, ces corps de peau de chèvre qui dansent.

PARCOURS

Sculpteur, Zefrino a participé depuis 1992 à de nombreuses expositions collectives et workshops dans les hauts lieux de la culture à Maputo,  et aussi en Allemagne et en France. Le  « Centro de Estudos Brasileiros » et le « Centre Culturel Franco Mozambicain » et le Centre Culturel Municipal Ntsyndza ont été le lieu de ses expositions individuelles à Maputo. Depuis 2010, La Menuiserie  a un rendez-vous annuel avec ses créations,  qu’elles soient nées dans son atelier à Maputo ou  de ses résidences  d’artiste en Aveyron. En 2013, il expose  à Africajarc.  Puis un lien s’établit entre l’artiste et  le Musée des Arts Buissonniers, à St Sever du Moustier.  Il  est invité  en résidence, en octobre 2014, pour réaliser une sculpture en pierre du rougier. Par le musée, il participera    à divers expositions collectives dont celle de la galerie de la Halle Saint-Pierre à Paris en été 2015.

Zefrino  est aussi membre du « Núcleo de Artes »  de Maputo et de l’ACBA association culturelle du quartier de l’Aéroport.

 

ALAIN LAIMG_0016MBERT  (né en 1954  en France)

Alain Lambert réside à Marcillac-vallon en Aveyron. Il façonne,  couche après couche, une  matière organique lui donnant le poids du vécu. Lors de sa première installation présentée en 2013 à La Menuiserie, il s’inspirait du monde de la mine pour construire un imaginaire s’enracinant dans la réalité de cet univers caché, oublié et évoque ainsi la pénibilité de ce travail.

Alain Lambert poursuit le chemin de la dignité : celui du père, des mineurs creusant  les boyaux de la mine parisienne qu’était le métro, celui des handicapés  avec qui il décide en 1981 de travailler comme éducateur. Ce chemin se croise avec celui du  styliste en chaussures, du cartonniste de boites et de meubles, qui trouve ainsi  « son âme d’artiste ». Des sacs de la mine, rencontre  des rebus, des laissés pour compte, de la terre, de cette manière organique dont il recouvre ses sculptures, cachent les couches du vécu brûlées (cramées) au feu du chalumeau. De ces sacs portés par de fragiles structures, naissent  les porte peines. Aujourd’hui c’est la dignité qu’il façonne.

PARCOURS

26 juillet 14 août 2005  exposition « Boites » à la chapelle de Villecontal –  jares travaillées avec du carton, des filtres à café, texture ;
2006 à Tours la Cie BLEUZEN  « boites » exposées à l’occasion de la rencontre des « cartonistes » ;
2007- 2010 création de  meubles en cartons ;
2010 sortie de la déco, du design Alain Lambert commence  à « tripoter la matière »
mai 2011 présentation de « douze sacs »  sac de mine, sac de charbon ;
5 –  28 juillet 2013 installation «  « porte -peines » à La Menuiserie ;
11 – 17 août 2014 : Flagn’Art : parcours d’artistes à Flagnac (15 artistes, 13 lieux): installation des porte-peines ;
26 septembre au 12 octobre 2014  Librairie Chemin d’Encre à Conques « porte-peines ».