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 L’exposition est prolongée  tout le mois de novembre

elle est visible à l’occasion des évènements programmés et sur rendez-vous

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Ça me regarde

Bénédicte_Hébert

Ça me regarde se présente comme  une quête amoureuse de la peinture, des regards et des formes qui nous observent. Une enquête sur les conversations intérieures, une traque de la profondeur dans la superficialité de la toile peinte.

Le titre pense l’idée de lumière non pas comme condition indispensable à la révélation d’une image photographique, mais comme phénomène intellectuel émanant de l’objet photographié. Il parle  d’un éclairage comme d’une intelligibilité produite par l’œuvre sur celui qui la regarde,  ce que dit la peinture lorsqu’elle montre, ce qu’elle infuse d’expériences et de savoirs dans l’âme du spectateur.

La notion de l’œil fertile de l’historien Daniel Arasse illustre bien le travail d’introspection qui existe entre le regard et l’objet regardé,  dialogue entre une fabrique de toiles, de pinceaux et de couleurs ordonnée par l’artiste avec le regard pluriel du spectateur. Une discussion intime faite d’impressions, de réflexions éclairées par des lectures, des conversations, des expériences de vies.

Chez Stendhal, cette proximité de l’œuvre associée à sa splendeur, pétrifia les touristes au point de les frapper physiquement. Le célèbre syndrome stendhalien en serait la forme la plus romanesque.

« J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.”

L’œuvre peinte a toujours été associée chez moi à une révélation. D’un point de vue biographique tout d’abord. Je suis née à 8 ans dans un environnement familial sans affection pour les Lettres et les Arts, lorsque mon père nous a un jour emmenés visiter le Musée du Louvre. Ce musée est devenu mon point d’ancrage, le lieu de mes amitiés les plus fortes et les plus anciennes. La peinture m’a alors pris.

Plus tard en lisant Paul Claudel, la scène de sa conversion fulgurante à Notre-Dame de Paris m’a rappelé ma visite au Louvre « En un instant mon cœur fut touché et je crus ».

L’expérience de la peinture fut mon Illumination.

Si, comme le dit Marcel Duchamp,  c’est le regardeur qui fait l’œuvre, on peut considérer que c’est parce qu’il y a eu un éclat parfois brutal,  une fulgurance. Le récit des formes que l’œuvre peinte compose, son histoire, son traitement, la biographie et la sensibilité de l’artiste déposent dans l’esprit du spectateur, un enrichissement sensible et intellectuel qui atteint un émerveillement admiratif, un éblouissement.

Bénédicte Hébert

 Dossier-presse2015-p17

Article paru dans Le Point

 

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