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« Le Souffle »

Hester Van Wijngaarden

 

Taureaux, Eléphants, Chevaux sont parmi les plus gros mammifères terrestres. Ils symbolisent les forces de la terre. Ce sont des souffleurs dont la trompe et les naseaux exhalent la puissance tellurique. Ce sont des primitifs et des nobles. Symboliquement chargés dans l’inconscient collectif ils ont inspiré les mythes fondateurs de l’humanité et participent encore à l’histoire des hommes.

Guy RIGO

Exposition du 3 au 30 septembre 2016

et du 3 au 27 novembre 2016

(ouverture du mercredi au dimanche de 15h à 19h et sur rdv – 06 80 02 01 29)

Commentaires 

Au sujet de La Peinture

Hester Van Wijngaarden

Il n’y a pas une façon de peindre, il y a les façons. Le geste juste reste l’essentiel !
La vérité et la réalité sont deux concepts différents. La vérité étant figée, la réalité est en mouvance.
La vraie nouvelle lumière se trouve dans l’équilibre entre ombre et lumière.
La peinture ne peut évoluer dans un sens unique. Elle a besoin de son passé comme de son présent.
Tel un architecte, je scrute la toile, soucieuse de sa construction.
L’édifice perdra de sa fragilité quand le geste viendra donner son mouvement, sa vie.

Guy RIGO

Taureaux, Eléphants, Chevaux sont parmi les plus gros mammifères terrestres. Ils symbolisent les forces de la terre. Ce sont des souffleurs dont la trompe et les naseaux exhalent la puissance tellurique. Ce sont des primitifs et des nobles. Symboliquement chargés dans l’inconscient collectif ils ont inspiré les mythes fondateurs de l’humanité et participent encore à l’histoire des hommes.

Le noir et le blanc, principales couleurs de l’œuvre sont aussi des primitives. Elles sont les forces d’opposition de toutes choses d’où naîtront la forme et la matière, les creux et les bosses, le rythme et la musique. Comme les ténèbres et la lumière du premier livre, le noir et le blanc sont le commencement, un ancrage génésique du geste de création, un constant rappel aux origines et aux énergies primordiales qui les animent.

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Chez Hester van Wijngaarden l’approche figurative du sujet se concentre dans le regard résolument réaliste. C’est le parti pris d’une représentation mimétique du monde. Entre ce qui est et ce que se perçoit se trouve l’œil, lui-même peint comme une tentative de vision non subjective du monde.
C’est le contre-pied d’une démarche d’appropriation délibérément transformatrice et personnelle.
Le réel n’est pas à fuir. Le réel n’est pas un rêve ni une philosophie. Le réel est. L’œil nous le rappelle avec une singulière insistance.
Faut-il  le courage, la sagesse et la noblesse des souffleurs pour porter ce regard là et nous inspirer? Peut-être. Ces trois monstres sacrés de l’histoire des hommes, sous la brosse et les pinceaux d’Hester van Wijngaarden, sont devenus mentors.
A la lumière d’un œil tutélaire s’amorce une réflexion sur le monde et sur notre rapport à lui, émerge une idée. Entre le temps qui s’écoule – l’éléphant vieillard – et le temps qui s’arrête – le taureau sacrifié -, il existe le temps de la liberté ou celui de la libération – le cheval. Il est la clé de voûte d’une nouvelle parabole. Le cheval est le seul acteur de la trilogie qui est saisi en postures complexes et parfois libéré de l’apesanteur. Il traduit dans un lyrisme fougueux l’exaltation de vivre.

L’approche picturale proposée par Hester van Wijngaarden est bien celle d’une nature vibrante et kinesthésique. Par les modelés du corps, la turgescence des veines, la saillance des masses musculaires, l’épaisseur des peaux crevassées, elle donne à toucher, à pétrir, à palper.  C’est un monde physique qu’elle évoque, qu’elle invoque et qu’elle provoque enfin dans une sorte d’obstination à produire de la matière vivante à partir d’une surface plane.
On se souvient de la phrase de Paul Eluard : « Le poète inspire plus qu’il n’est inspiré ». Le peintre inspire.

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Pour autant si l’effort de figuration prévaut dans l’approche du vivant, il finit par céder le pas aux injonctions du « Je » et de la projection subjective.  Les touches rouges et bleu nous le rappellent. Plus encore les abstractions du second plan (du fond?) dont les courbes et les droites isolent le sujet de son environnement naturel et le replacent dans un univers de géométrie segmentaire, d’ondes et de flux magnétiques.

Il n’y a pas d’arbres, il n’y a pas de prés, pas de ciels. C’est la vision du treillis matriciel auquel le sujet s’adosse.
Finalement la dichotomie l’emporte.
Entre nature et culture, l’animal nous observe.

Texte issu du site de Hester Van Wijngaarden

Écritures autour de l’exposition : textes de Véronique Méraud et Chantal Braley Pons à feuilleter  :

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